L’Ong de défense des droits de l’homme revient sur la disparition de 130 personnes déportées des villages Magdémé et Doublé à la suite d’une opération militaire le 27 décembre 2014.
Le régime de Yaoundé est appelé à briser le silence qui entoure la disparition de 130 personnes, depuis cinq ans, dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram. Amnesty international remet cette affaire au gout du jour au travers de sa nouvelle campagne « Où sont-ils ? Justice pour les victimes pour les victimes de Magdamé et Doublé ».
L’affaire remonte au 27 décembre 2014 – au plus fort des exactions de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord – des attaques terroristes sont récurrentes dans ces deux localités, entrainant une descente des militaires qui ont incendié plusieurs domiciles et embarqué quelques deux cent personnes. 130 personnes sont portées disparues à ce jour, 28 sont décédées en détention et quelques 42 ont été remises en liberté.
Après avoir premièrement nié les faits, le régime de Yaoundé a fini par reconnaitre la situation, initiant des enquêtes qui ont permis d’établir la responsabilité de quelques officiers supérieurs de l’armée camerounaise ; à l’instar du colonel Charles Zé Onguéné qui était en service « l’Extrême-Nord au moment des faits. Inculpé en 2015 pour négligence et infraction aux procédures d’incarcération, cet officier a été révoqué par le président Paul Biya en 2015 avant d’être réintégré et promu conseiller au ministère de la Défense en mars 2019.